Foresterie 2.0 – Les cartes aériennes 3D révolutionnent les opérations en forêt

2018-12-07 | Publications / Ressources

Des bûcherons en chemises à carreaux rouge et noir, des billes de bois qui descendent une rivière, des chevaux tirant des traîneaux chargés de bois sur la neige ; voilà les images qui viennent à l’esprit quand on évoque l’industrie des produits forestiers.

Cependant, les travailleurs forestiers d’aujourd’hui ont troqué la hache pour des technologies de pointe en vue d’aménager de manière durable la plus formidable des ressources renouvelables du Canada. La forêt boréale compte une quantité phénoménale de sapins, de pins et d’épinettes, qui servent à fabriquer du bois d’œuvre résineux, et qui sont situés dans des régions éloignées, peu habitées et sans infrastructures. La gestion des opérations dans ces régions peut présenter plusieurs défis logistiques.

L’équipe TI d’EACOM Timber Corporation tente de surmonter ces défis en adaptant des programmes et des outils utilisant les plus récentes données d’un système d’information géographique (SIG), l’imagerie par satellite et des photos aériennes pour produire des images en trois dimensions (3D) de la surface de la terre. Ces images sont ensuite converties en cartes à deux niveaux pouvant être superposées et consultées à l’aide de lunettes 3D et appliquées sur une carte dans le SIG.

« Il arrive que le terrain près de certaines de nos scieries soit trop escarpé pour nos équipes de récolte, comme à Nairn Centre. Les relevés effectués à distance nous aident à mieux planifier, à gagner du temps et à éviter d’envoyer de la machinerie coûteuse dans des endroits difficiles d’accès », explique Paul Tremblay, gestionnaire TI – Foresterie chez EACOM.

Ces données cartographiques pointues permettent de mieux planifier la récolte et de déterminer s’il est possible de travailler sur un terrain donné.La modélisation du terrain cartographie aussi la hauteur des arbres, ce qui permet aux travailleurs forestiers de déterminer facilement les essences d’un secteur et le nombre d’arbres pouvant y être récoltés.

« Avant, on devait faire les relevés des secteurs par hélicoptère pour savoir si la récolte était possible. Ça coûtait cher, ça prenait du temps et le résultat variait selon la personne qui faisait le relevé. Maintenant, on peut produire une couche géoréférencée en SIG, et tout le monde peut la consulter sur son téléphone ou sa tablette. »

Le plus grand défi dans les régions éloignées demeure la connexion à l’internet. Comme ils n’ont pas de réseau sans fil et un accès limité à Internet, Paul et ses collègues cherchent continuellement des façons inventives d’utiliser leur technologie hors connexion. « Les travailleurs et les entrepreneurs forestiers nous envoient constamment des demandes et de nouvelles astuces pour améliorer nos pratiques. On a trouvé des façons très créatives d’intégrer de nouveaux outils et systèmes, par exemple pour convertir des cartes en PDF et les rendre accessibles hors ligne sur des appareils mobiles. C’est la foresterie 2.0 : on a recours à des relevés par drone et des applications mobiles personnalisées pour mettre à jour des cartes toutes les semaines, et on utilise des tablettes au lieu des cartes papier. »

Avec l’arrivée de la prochaine génération de travailleurs forestiers, calée en technologie, nous pouvons nous attendre à trouver des solutions toujours plus efficaces pour l’aménagement durable de nos forêts.


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